Le Commencement

Le Commencement
Bonjour a vous, vous êtes ici au c½ur même du journal de Brizio70.
Une petite nouvelle réalisée a partir de notre cours de français.
En espérant que cela vous plaise.
Attention, les post seront assez long, j'espère que vous aimez lire =D

N'hésitez pas a m'envoyer des messages pour me laisser vos avis =D

Bonne visite =D


[ Ps. Il y aura peu de photos dans ce blog, une ou deux maximum. ]


# Posté le mardi 02 septembre 2008 05:30
Modifié le mercredi 03 septembre 2008 08:57

Brizio 70 sentait qu'un manque le rongeait ; d'abord insidieux, il était devenu malaise profond et d'autant plus étonnant que l'absence de sentiments était une donnée fondamentale de la Colonie. Cette absence de sensibilité avait été décidée, scellée des siècles auparavant, lentement intégrée au fil des générations et devenue normalité. Il avait été décrété que des sentiments provenaient tous les malheurs et que le plus haut degré de sagesse des Colons exigeait leur disparition en eux.
Pourtant, malgré cette anesthésie affective, la curiosité avait surgi, soudaine, aussi violente qu'inattendue, attisée par la découverte du coffret, véritable boîte de Pandore au contenu énigmatique. Certes, il se rappelait vaguement ce que les Anciens avaient transmis oralement comme Récits de l'Exil, histoires colportées sur l'écume du temps, devenues légendes éthérées, sans rapport aucun pour les Colons d'alors, avec la réalité et, surtout, avec la vérité... Il savait qu'au tout début de l'histoire de la Colonie, il y avait eu une autre époque et une autre planète, la Terre. Il savait que l'exil des Colons avait été permis par une technologie incarnant la gloire de l'esprit « humain ». Il savait que seul un petit nombre d' « humains » avait pu quitter la Terre et s'exiler ; un petit nombre constituait la Caste, ceux qui avaient juré, pour ne pas souffrir de l'exil imposé, de tout oublier d'abord et qui, dans un geste fondateur de la Colonie, avaient décidé de brûler toutes les archives, tous les documents évoquant cet Avant et cet Ailleurs...
La curiosité de Brizio 70 tournoyait autour de sa mémoire défaillante, revenait vers elle à l'improviste comme pour surprendre, sur son immensité vide, quelque relief nouveau qui pourrait la nourrir mais elle ne faisait sortir de l'ombre que d'infimes éléments, même s'ils surgissaient à présent, parfois de façon inopinée...
... Les Anciens disaient qu'un événement terrible, effrayant, d'une ampleur inimaginable, avait ravagé la sphère terrienne.
... Ils disaient que l'eau, que les mers avaient soudain submergé les terres et enseveli les villes.
... Ils disaient aussi que ce n'étaient pas seulement les éléments naturels qui avaient été atteints de démesure, de folie.
... Ils disaient également que la Terre, auparavant, avait été la proie de guerres violentes, de déchirements inouïs, que beaucoup de « pays » s'étaient battus pour leur « indépendance ».
... Ils disaient qu'à cause de cela, un jour, un grand mouvement uniformisant tous les pays avait vu le jour et que la Terre avait connu une « dictature » mondiale, opprimant les hommes, les exploitant et censurant toute pensée...


Brizio 70 ressassait ces éléments mais certains mots résonnaient en lui sans qu'il en comprenne le sens : « indépendance », « dictature », « censure »...
Sa curiosité en éveil l'empêchait de continuer à vivre normalement dans la Colonie, à effectuer ses tâches, comme les autres, car il voulait à présent SAVOIR...

# Posté le mardi 02 septembre 2008 05:37
Modifié le mardi 02 septembre 2008 06:42

Orphelin de sa propre condition d'homme, sans passé, le présent s'effritait pour lui, pour la Colonie, et l'avenir semblait se dissoudre dans le néant. Qui étaient-ils ? D'où venaient-ils ? Ces questions fondamentales risquaient à jamais de demeurer sans réponses et cela, tout son corps lui criait que c'était impossible. Ce sentiment interdit de manque et de solitude, cette détresse viscérale, il ne les avait jamais ressentis avant aujourd'hui et, lui qui n'avait jamais pleuré, qui ne savait pas ce que cela signifiait, voilà qu'il sentait l'émotion le submerger. Il avait envie de hurler sa douleur.
L'air synthétique purifié transmis par les conduits d'aération, les comprimés nutritionnels et les compensateurs de sommeil ne lui suffisaient plus ; il voulait SAVOIR. Voilà que ce coffret avait réveillé en lui des sentiments nouveaux, insoupçonnés. En un instant, vivre sans savoir était devenu si douloureux que c'en était insupportable. D'où venait cette douleur si intolérable, si inédite pour lui ? Etait-ce « l'instinct d'homme » dont les Anciens parlaient, il y a si longtemps ? Cela faisait pourtant une éternité que les hommes avaient perdu la mémoire et jusqu'à aujourd'hui, cela ne semblait pas si grave...
Il sentait confusément qu'il ne pourrait plus être « comme avant » sa découverte, assumer les fonctions que la Colonie lui avait assignées s'il n'éclaircissait pas l'énigme incarnée par le coffret.
C'est pourquoi, quelques temps auparavant, il s'était ouvert de ce qui le préoccupait à d'autres Colons qu'il connaissait depuis toujours : Faber 37, Audrax 17, Waldo 73 et Rico 70 étaient réunis par un intérêt équivalent pour l'intrigant coffret. A côté de leur fonction, ces Colons avaient en effet en commun leur intérêt pour les Récits des Anciens, et des compétences pointues dans différents domaines techniques ; c'est ainsi que Faber 37 leur avait rappelé, lors de leur réunion, l'existence d'une machine en novkevlar et tetquarzit, capable d'explorer le Temps et que la Colonie avait construite pour démontrer leur haut degré intellectuel et technologique. N'étant qu'une illustration de l'accomplissement de leur civilisation et n'ayant pas de véritable raison d'être dans leur éternel présent, sorte de « vanité touchant à l'art », selon l'idée que Faber 37 s'en faisait, elle avait été reléguée dans l'entrepôt sublunaire 4127 B, à côté d'autres prouesses scientifiques.
Brizio 70 attendait, les yeux perdus sur la Terre émergeant lentement de son obscurité, que les autres Colons arrivent pour leur dernière réunion avant la mise en action de leur grand projet. Il savait, à présent, qu'il voulait retrouver la mémoire, comprendre le passé afin que le malaise disparaisse. Comment la Caste avait-elle pu croire qu'il suffirait d'un pacte pour anéantir leurs racines ? Mais il savait aussi que, pour ce qu'ils s'apprêtaient tous les cinq à faire, ils risquaient le bannissement de la Colonie et que le retour ne serait peut-être JAMAIS possible...
# Posté le mardi 02 septembre 2008 05:45

Cela fait deux jours que mes partenaires et moi avons découvert ce qui était détenu dans le coffret. Des bouts de papier (il me semble que c'est le nom donné à cette matière par les Anciens) y sont entassés. Plusieurs choses sont écrites dessus comme des emplacements. Audrax 17 m'avait raconté récemment une partie de récit : " Les Anciens disaient qu'un monument incroyable symbolisait la puissance de la capitale romaine : Le Colisée. Les Romains disaient : si le Colisée disparaît alors Rome sera morte. " Ce pourrait-il que le plus gros emplacement marqué sur ces morceaux de papier soit Rome ? il n'y avait qu'un seul moyen de savoir si ma supposition était juste, se rendre dans ce lieu. C'est ainsi que Faber 37, Audrax 17, Waldo 73, Rico 70 et moi, Brizio 70 partîmes à la découverte de cet ancien monde en utilisant la Machine à explorer le Temps en ayant pour but de découvrir nos origines. Après avoir mis en route la Machine, un tourbillon bleu nacré nous ensevelit. Peu de temps après, nous étions arrivés à Rome, en Italie.

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Juivi 25 Kys 2360

____Je viens tout juste de mettre en marche mon carnet de bord informatisé et je n'en suis pas peu fier. Les pages que j'écrirais s'imprimeront individuellement au fur et à mesure que notre expédition avancera. J'ai décidé de relater tous les évenements de notre périple ici même et à la fin peut-être retrouverons-nous notre mémoire.
La Colonie est bien loin derrière nous à présent; aujourd'hui nous avons commencé nos recherches mais une surprise de taille nous attendait. Le Soleil que l'on pouvait voir à l'horizon cloîtré dans nos cases, fit pénétrer la " lumière " dans nos vies jusque là fades, tristes et assombries. Je ne saurais expliquer avec les mots que je connais la sensation qui nous envahit chacun à l'instant où nous posons pied à terre. Une chaleur nous emplit le corps de douceur, notre visage sembla ravivé une sensation de bien-être jusque là oublié de notre mémoire. Cet éclat nous éblouit, telle la Sainte lumière de Kaligula, un chemin doré nous incitant à continuer notre route et nous indiquant que l'on était sur la bonne voix. Des pierres parsemées tout le long d'une longue... D'une longue quoi ? Cela ne ressemble à rien que je ne connaisse ou lu dans les parchemins laissés par nos ancêtres. Ratolunus. C'est ainsi que je nommerai cette chose en attendant de savoir son nom exact, car connaitre le nom de la chose, c'est se l'appropriée non ? Tous ensemble nous suivîmes la ratolunus; "Étrange" me dis-je, nos semelles en ethonis nous faisaient ressentir toutes les vibrations de la terre, nos pieds épousaient maladroitement les formes de ces pierres. Pourquoi avoir construit cela ? A quoi cela peut-il bien servir ? tout en marchant, j'observais avec intérêt le paysage de ce monde qui nous était inconnu. Des sortes de phantylopa étaient plantés autour de la ratolunus, un duvet vert a leurs pieds. En haut, le ciel était bleu.. Bleu ?! Comment ?! J'étais abasourdi par tous ces changements d'atmosphère. De l'eau coulait le long de ma nuque, il semblait que la température de mon corps augmentait progressivement, pourtant ma combinaison en ithinopium avait été réalisée pour avoir une température ambiante constante. Ainsi donc mes habits thermiques ne me servaient a rien ici bas ? il me faudrait donc trouver des haillons afin de ne plus souffrir de ceci.
# Posté le mardi 02 septembre 2008 11:51

Rico m'appela, et me sortit de mes réflexions. " il nous faut protéger la Machine, mais où ? ". Sa remarque était vraie, cela dépendait de nos vies, alors je vis une petite vallée, au bord d'une vaste étendue d'eau aussi immense que l'infini. La mer, les Anciens nous en avaient parlé; il nous disaient que des vaisseaux aquatiques portant de nom de " navires " avaient échoué et rejoint les bancs de sable dans le ventre de cette bête aux airs angéliques. Pourtant ces eaux peuvent être douces mais l'instant d'après de véritables furies emportant tout ce qui se trouve a leur surface. Nous décidâmes de dissimuler la Machine sous divers branchages à l'abri des regards curieux. Une fois l'invention en sécurité, nous reprîmes notre chemin vers la cité de Rome, grande capitale du pays entier. Des sortes de boîtes placées sur des roues à moteur défilaient sous nos yeux ébahis.
A quoi cela servait-il de construire de telles inventions alors que nos corps sont faits de muscles et de membres comme nos jambes ? L'humain était fait pour se déplacer verticalement et marcher sur ses deux jambes non pas assis sur des roues. Décidément cette civilisation était vraiment différente. Mais pire que différente, les personnes nous scrutaient tel des animaux, avec des regards méfiants. Leur habits ne ressemblaient pas aux nôtre, est-ce pour cette raison que leurs regards trahissaient un manque de confiance et une lueur d'appréhension ? Je me souviens d'avoir regardé mes co-équipiers; une étincelles apparue dans leurs yeux, je compris alors qu'un nouveau sentiment venait de naitre. La Peur, un sentiment que je qualifierais d'indispensable pour comprendre la vie. Je pense qu'à cet instant, nous avions tous peur, que ce soit les Italiens ou nous, la peur d'être rejetés et d'être en danger. Il nous faillait trouver un moyen de passer inaperçus à travers ce monde. Nous partions donc en direction d'un endroit isolé des regards indiscrets. Nous pûmes trouver des vêtements classiques que nous enfilions en hâte. Là, une brise se leva, je frissonnai. Frissonnai ai-je dit ? Haltoné, dieu du Corps et de l'Esprit ! Je ressentais enfin quelque chose, mon corps semblait reprendre vie, je ressentais enfin la chaleur, la fraicheur, le vent sur ma peau. Soudain un objet sembla attirer Faber 37; il s'avança et une exclamation de stupeur surgit au travers de ce silence. Faber 37 s'écroula et l'inquiétude ainsi que l'angoisse devinrent maîtres de mon corps et de mon cerveau. Je ne pensais qu'à le réanimer, cet être a qui je semblais tenir.
# Posté le mercredi 03 septembre 2008 12:30